...pas de chat non plus.
En revanche sans copine non plus, je peux me vanter d'avoir une chienne.
Entre tous ces raccourcis clavier et cette utilisation à outrance des flèches directionnelles je me trouve encore l'audace de taper un article.
- Hooo, encore?!
Ben oui. Je sais, c'est dur de se retrouver ici et de se forcer à lire un truc comme ça.
Si je perds mon temps pour tout ça, c'est au final pour que tout ce beau monde (oui, toi aussi tu es dedans, comment être si beau/belle et ne pas se sentir concerné/ée) prenne sur son temps à lui pour finir par lire toutes ces lignes virtuelles.
Oui, virtuelles parce que moi je ne vois que des lettres, des mots, des phrases, des signes coincés entre ces petits morceaux de vides pleins d'une couleur morne qu'est celle de ma mise en page.
Merde, j'aurais dû dire sobre.
Enfin bon, non des lignes vituelles non pas parce qu'elles sont sur le Ouèbe mais bien parce qu'il n'y en a pas...
Jean Giraud Superstar, pourquoi pas?
Et puis pourquoi d'abord. Simplement que mes étoiles à moi (hou c'est joli ça) se prononcent en anglais (boh non finalement), et puis ne brillent que dans mes yeux. On n'est une star que si on se fait voir, finalement. Lève la tête et ouvre les yeux (ha zut, oui, en écartant tes paupières).
- Hou c'est joli tout ça, ça scintille, on dirait des LED alors qu'elles sont belles.
N'en fais pas trop s'il te plaît, et puis permets moi de dire que tu t'écartes un peu du sujet. Je te parle d'une star de la science fiction et tu me parles de technologie...
Oui, bon.
C'est parce que Mariloke m'entrainait cette après midi dans les rues déroutantes d'un cité dite phonéenne que l'on finissait par tomber dans ce V****n Megastore regorgeant de ces belles denrées de l'esprit. Ca et là s'étendaient ces sublimes rayons enluminés au garde à vous devant nos pécules, entre les têtes de gondoles nous priant de nous engager dans leurs voies béates et des présentoirs prosternés à nos vues, le genre qui peut nous proposer des saletés vicieuses si on choisit d'acheter chacun des bouquins qu'il nous offre. Oui, car en territoire inconnu il faut tenir ses mains dans ses poches si dans un moment d'égarement on se retrouve avec trois, quatre, voire douze pseudo oeuvres dans les bras sans avoir eu le temps de se l'interdire. Vigilance, donc. Là, dans nos déambulations hasardeuses se présentaient ainsi bonzes et merveilles (je parle des bouquins du Dalaï Lama comme des dévédés de Gus Van Sant), et dans ces avenues moelleuses s'alignaient des bataillons de livres avec des mots dedans. Alors tu vois qu'il y a des phrases compliquées ailleurs dans le monde que sur mon blog.
- Et tu me dis m'écarter?
Chut, mets-y des formes et je te m'occupper des hanches de ta prose.
Après s'être doucement frottée à la croupe d'un vendeur qui rangeait le rayon des littératures homosexuelles, la métisse glisse alors à l'éphèbe une question discrète dans le creux de l'oreille en prenant soin de ranger sa langue après sa requête.
- Heuu, les mangas? Prenez à droite et puis c'est au fond.
Enfer et damnation, le salaud n'offre ainsi qu'une réponse chaste et respectueuse à la dame.
Sur le chemin je me dis qu'elle ne voulait peut être que celà.
- Didonc quand tu commences à parler de formes tu t'ennuies pas toi.
Tiens ta prose, bon Bel-Ami car dans cet ego-système cybernétique, seule ma loi régit tes doutes.
- Connard.
Vas te mettre au poteau, hop exécution.
Quand on ne sait pas tenir sa langue, le meilleur à faire est encore de la coudre.
- ************
Sois content de la garder.
Tyrannique blogueur, j'en perds même le fil. Et me répondre sans aucun respect me met les nerfs en pelote et cet article décousu finira bien par lier son intrigue.
Etonnant, non?
Maintenant le pourquoi pas (oui, le Jean Giraud Superstar, haaaa, ne me fais pas croire que tu t'es toi aussi perdu, je vais m'énerver).
Dans cet espace-temps déroutant éreintant dillettant (tu peux très bien lire Spirou, pourquoi tiens tu donc à perdre la raison, ami lecteur?), la belle et moi-m'aime nous retrouvons en banlieue.
Ces faubourgs de l'art où seuls les initiés se retrouvent pour tenir les murs (on dit "rouiller") et se droguer d'une littérature plastique méprisée des intégristes des phrases complètes. Là, le neuvième art nous emporte loin des pensées trop objectives vers des dimensions parallèles comprimées par du papier glacé.
Planté dans mes Air Max j'erre sans butte, car le sol et plat et la moquette est molle. Si les allées sont droites, ma démarche l'est mal et c'est l'oeil vide et le regard creux que j'effleure les couvertures propres face à moi sans trop m'en soucier. Les trop rares traces de doigts qui s'y accrochent semblent le faire à contrecoeur, et suspectant des livres si propres de me laisser trop promptement sur ma faim, je finis pas n'en toucher aucun...
Il fait froid. L'air est vide et les lampes halogènes résonnent en vain. Finalement, rien ne m'agrée guère et je finis par penser n'avoir rien à me mettre sous l'ardent. La drum and bass qui marquait tout à l'heure la mesure dans ma poitrine face à ce rayon gay sans prétention (j'aime la joie) s'est mutée en une bossa nova sans saveur. Pas un morceau chaloupé qui vous fait aimer ces instants trop longs dans une relance subtile de la basse mais une mélodie acerbe et douloureuse, comme celles qui accompagnent les titillements désagréables de la bedaine dans un ascenceur romantique qui pue la pisse. Sans rien de profond sur ma sphère, je me terre entre deux pauvres meubles lourds de livres frigides en attendant un instant -ô louable- de grâce qui mettra fin à mon aporie spirituelle dans ce lieu qui finit par flairer l'oseille.
Il doit être sept heures quand je décide d'oublier cet espace lourd de misère humaine en voyant Mariloke se réjouir de son jardin nippon. Songeant alors à cuisiner mes restes de macaroni dans un fond de sauce tomate basiliquée le soir même, j'amorce un lent panoramique rotatif (attention, technique) sans optimisme de mes yeux mi-clos quand j'instaure une monarchie silencieuse lorsqu'arrive étrangement un carré de rien du tout mais du Tout en rien, parce que tout se rejoint.
Une photo de famille m'a croisé sans maladresse. Moi qui généralement n'aime pas me laisser séduire par un étal avide de mon argent, me laisse frôler sans mot dire par ce carré de poésie qui ralentit alors tout mon être et l'appelle alors en murmurant son nom d'une voix faible et pastel.
Etourdi je m'approche du petit bout de carton qui me regarde avec ses quelques yeux calmes et discrets sans que je n'en connaisse aucun. Seul un trait me porte, celui qui m'a déjà porté bien loin, bien haut. Porté? Non, c'en est d'autres, ceux qui vous portent sont déjà loin avant vous, non, celui-ci se laisse approcher. Tends l'esprit et il t'accompagne.
Rares sont ces courbes qui vous accompagnent. J'ai vu des lignes à tout faire. Les couleurs vous attirent comme on se rassure en contemplant ces gouttes de cire chaudes glisser sur un flanc lisse encore à vif. Les embruns délicats d'une bougie dans le noir. Charmé par la lueur tremblotante on reste à ses côtés parce que c'est mieux ainsi et on se sent mieux, seul avec sa lumière incertaine entre les puits de doute des chemins inconnus des livres prétencieux. Mais une bougie n'a pas son air pour elle, elle meurt quand il n'y a plus rien à brûler et sa mélodie s'efface avec son souvenir quand on revient à la dure réalité sombre et pesante. La musique de certains livres s'oublie quand on en sort et que nos tympans retrouvent la forêt chargée d'ennui consentie par les maisons d'édition. Courte évasion pour une petite lime. D'autres lignes qui ne se laissent pas dompter, on approche doucement pour ne pas en sentir l'intention où des détails sales et acerbes remplissent une page comme on leste un cadavre, sans finesse, juste pour faire comme celà se doit. C'est comme ça, voilà tout. Des histoires se font dans leur poids tant moral que plastique, il ne faut pas charmer le regard par l'esprit, puisque tout est donné. Rien de sert de noircir, il faut prêcher à point. Dur précepte qu'auraient dû comprendre les Evangiles...
Si j'aime comparer mon intérieur à ce charmant dessin discret c'est qu'il n'en est pas loin non plus. Tendrement surpris par son point de départ, je me suis laissé accompagner par son intrigue simple et introspective marquée par tant de simplicité et d'humour. Quand Mariloke ouvrait le livre en son milieu un peu plus tard je la brusquais de mon enthousiasme compulsif et névrotique "HA Tu vois c'est le seul type qui te fait un livre que t'ouvre là où il marche en plein sur ta page!!!". Mais là mon article est pourri par ma réflexion alors voguons vers l'ether cosmique du talent de l'auteur, pardon, le Créateur, qui se plaît à nous laisser le suivre dans ses jeux de miroirs, de regards et de pérégrinations, nous initiant par sa première page :
" Quand je n'ai pas fumé, je vis normalement "
...mais ceci est une autre histoire.
INSIDE MOEBIUS - TOME 1 - JEAN GIRAUD MOEBIUS - EDITION STARDOM
Même le prix vous fera rêver, il est tout joli écrit en bleu roi sur la 4ème de devanture.
PR Post Romanum (oui, j'ai de quoi recycler mon blog chez un editeur dès maintenant) : Mon enthousiasme me pousse à vous avouer que le Moeb n'est pas bridé.Un peu naze pour conclure, mais c'est déjà mieux que ce que j'avais écrit avant.
Allez passe commande.




